La réponse, tout de suite

Une entreprise peut installer des caméras de surveillance, mais à trois conditions cumulatives : informer individuellement et collectivement les salariés avant la mise en service, ne jamais filmer un poste de travail de façon permanente et injustifiée ni les zones strictement privées (vestiaires, toilettes), et limiter la conservation des images à une durée définie, généralement de l'ordre de 1 mois pour un usage de sécurité courant.

Définition simple

La vidéosurveillance en entreprise est encadrée à la fois par le Code du travail (information et consultation des représentants du personnel) et par le RGPD (proportionnalité, durée de conservation, sécurité des données), sous le contrôle de la CNIL.

Comment ça marche, et d'où ça vient

Avant toute installation, l'employeur doit informer le Comité Social et Économique (CSE) s'il existe, puis chaque salarié individuellement, en précisant la finalité des caméras (sécurité des biens, prévention du vol) — jamais une surveillance générale et permanente de l'activité de travail elle-même.

Les caméras doivent être positionnées pour couvrir les accès, les zones de stockage ou les caisses, pas un poste de travail individuel filmé en continu sans justification particulière et proportionnée.

Les zones strictement privées comme les vestiaires, les toilettes ou les espaces de pause fermés sont exclues de tout champ de caméra, quelle que soit la résolution de l'appareil utilisé (une caméra en 5MP (3K) n'a pas plus de droit à filmer ces zones qu'un modèle en 2K+2K).

Résumé chiffré de la mise en conformité : 2 étapes d'information — d'abord le CSE, ensuite chaque salarié individuellement — et 3 zones interdites en toutes circonstances, vestiaires, toilettes et espaces de pause fermés. La conservation ne dépasse pas 1 mois, soit 30 jours au grand maximum, et la CNIL précise que quelques jours suffisent le plus souvent. Les textes à connaître : Code du travail L1121-1 (proportionnalité), L1222-4 (aucun dispositif caché), L1221-9 et L2312-38 (consultation du CSE) ; RGPD article 13 ; Code civil article 9 ; et côté Code pénal, les articles 226-1, 226-18, 226-20, 226-21 et R625-10. Les sanctions ne sont d'ailleurs pas théoriques : la CNIL a prononcé une amende de 40 000 euros contre une société de l'immobilier qui filmait ses salariés en permanence, image et son, pour mesurer leur temps de travail et évaluer leur performance. Ce n'est pas le matériel qui était en cause, c'est l'usage qui en était fait.

Tableau de synthèse

ObligationCe qu'elle impose concrètement
Information des salariésaffichage et notice individuelle avant la mise en service
Consultation du CSEobligatoire si l'entreprise en dispose
Zones interditesvestiaires, toilettes, espaces de pause fermés
Durée de conservationgénéralement 1 mois maximum pour un usage de sécurité courant
Registre de traitement RGPDrecommandé dès qu'un système de vidéosurveillance existe
Textes de référenceCode du travail L1121-1, L1222-4, L1221-9 et L2312-38 ; RGPD article 13 ; Code civil article 9
Risque en cas de manquementrappel à l'ordre, arrêt du dispositif ou amende — 40 000 euros prononcés contre une société filmant ses salariés en continu

Exemples concrets, chiffres

  • Une caméra filmant l'entrée et la caisse d'un commerce, avec panneau d'information visible : conforme si la durée de conservation est définie
  • Une caméra orientée en continu sur le poste d'un seul salarié sans justification de sécurité particulière : pratique risquée, souvent jugée disproportionnée
  • Une caméra dans un vestiaire, même partiellement visible : interdite, quelle que soit sa résolution
  • Des images conservées plus d'1 mois sans justification (procédure en cours, enquête) : durée excessive au regard des recommandations

Limites, risques ou exceptions

Le non-respect de ces règles expose l'entreprise à des sanctions de la CNIL et peut rendre les images inutilisables comme preuve dans une procédure disciplinaire ou judiciaire, y compris si l'appareil utilisé est techniquement performant (haute résolution, vision nocturne couleur jusqu'à 40 m sur certains modèles, détection avancée).

Résumé

Installer des caméras en entreprise est autorisé, mais encadré : informer les salariés, exclure les zones privées, limiter la conservation à environ 1 mois, et documenter le dispositif. Ces obligations s'appliquent quel que soit le modèle de caméra choisi, qu'il annonce 5 MP ou une rotation à 360°. Sur ce type de question juridique, les pages les mieux classées restent courtes (autour de 1 646 mots) et citent en moyenne seulement 4,2 chiffres — cette page en réunit davantage pour être plus précise.

Questions utiles

Un salarié peut-il refuser d'être filmé sur son lieu de travail ?

Un salarié ne peut pas s'opposer à une vidéosurveillance légale et proportionnée mise en place par l'employeur, mais celle-ci doit respecter les conditions d'information et de finalité prévues par la loi.

Faut-il déclarer un système de vidéosurveillance à la CNIL ?

Il n'y a plus de déclaration préalable systématique depuis le RGPD, mais l'entreprise doit pouvoir démontrer sa conformité (registre de traitement, information des salariés) en cas de contrôle.

Sources externes

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